Dimanche 14 août 2011
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18:45
Quand la pluie se met à tomber en pleine journée sèche. Les premières gouttes frappent le sol et entrent en contact avec la terre. Pendant
quelques minutes une odeur forte, légèrement acre, une odeur de terre humide envahit l’espace et à monte aux narines. Il faut être attentif car elle ne durera pas.
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Dimanche 14 août 2011
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15:19
Encore deux semaines environ avant le terme. C'est ratatouille dans ma tête. Dix mille émotions contradictoires, dix mille scénarios à la seconde. Il me tarde
tellement de le voir maintenant. La valise est prête. Tout est en place. Tout est en place.
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Mercredi 10 août 2011
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16:10
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Lundi 8 août 2011
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Dimanche 7 août 2011
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12:14
Par moment je trouve que le dessinateur est chanceux. Il peux sentir le monde sans faire usage des mots. Les choses sont très belles quand on arrive à oter la
pellicule grammaticale qui les entoure. Mais y arrive-t-on jamais totalement ?
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Samedi 6 août 2011
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08:04
On en fait toujours trop avec la politesse. "Bonjour, merci, je vous en prie..." On ferait mieux d'avoir des choses à dire. Et DE LES DIRE.
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Vendredi 5 août 2011
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11:35
C'est très difficile à dessiner les tissus dans le vent. Traditionnellement on vous apprend dans les écoles d'art à
dessiner des drapés (tissus tombants, ombres et lumières, noblesse des formes...). Mais jamais des drapés dans le vent. Tiens, ça ferait un bon exercice pour mes élèves. Un ou deux ventilateurs
agitant un tissu, fusain ou aquarelle. De toute façon, c'est toujours un casse-tête de saisir la vie en dessin. Parce que la vie va vite et que le dessin demande un minimum de temps. Avec son
crayon, on est toujours en train de courir après la vie. On peut la figer un instant (c'est ce que je fais depuis quelques années "attends, ne bouge plus, 5 minutes OK ?") mais l'idéal c'est
d'être vif. Ou bien d'avoir une mémoire photographique. C'est pour ça que le jeu de cartes "jungle-speed" me semble être un entrainement gymnastique parfait pour les dessinateurs débutants. Il
faut être capable de mémoriser les formes et les nuances subtiles dans des temps de vie très courts. Il faut accepter, aussi, de ne pas "achever" le dessin, de laisser le vide vide.
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Jeudi 4 août 2011
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12:24
Ma mère me faisait de la ratatouille quand j'étais petit. J'adorais ça. C'est plus compliqué à réussir qu'il n'y paraît. Moi je n'aime pas quand les légumes sont
trop cuit. Il y a un timing de cuisson à respecter si on veut "révèler" le légume. Mi-croquant, mi-cuit. Dans une autre vie je serai cuisinier. Les peintres ont beaucoup plus à voir avec la
cuisine qu'avec la littérature. Les goûts, les couleurs, les mélanges, les odeurs, les sens. Comment peut-on pratiquer l'aquarelle et ne pas être épicurien ? Je ne comprends pas...
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Mercredi 3 août 2011
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10:38
J'adore regarder le monde à la loupe. Même le sujet le plus banal ne peut manquer de devenir fascinant. Les nouvelles caméras ont des fonctions macro stupéfiantes. Il y a
quelques semaines, j'ai passé presque 10 minutes à filmer des fourmis dépeçant un criquet. Les enfants sont très doués pour faire ça. Il faut croire qu'avec l'âge, on apprend à voir de loin, à
prendre de la distance. On gagne en perspective, mais on perd le grain. C'est important le grain vous savez...
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Mardi 2 août 2011
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19:36
Aujourd'hui j'ai fini la chambre du petit. Je l'ai peinte en orange et en bleu. J'ai repensé à mes élèves aux Beaux-arts parce qu'en moi-même je me suis dit : "je
vais la peindre en orange-clair-terne et en bleu-foncé-terne également". C'est une nuance que les gens oublie souvent de faire, le "terne". Et vous savez que je m'intéresse à la nuance en ce
moment. Alors voilà un cas concret, dont j'ai déjà parlé il y a quelques semaines. Les couleurs peuvent varier sur ma palette selon trois axes : la teinte, la luminosité et la fadeur (le terne).
Le premier indique l'identité originelle d'une couleur (jaune, rouge, bleu...). Le second sa variation lumineuse (un rouge peut devenir rose ou bordeau en fonction de sa luminosité. Dans ce cas
il suffit d'ajouter du blanc ou du noir. La teinte de l'aquarelle (j'ai arrêté l'acrylique il y a bien longtemps...) s'éclaircit tout simplement avec de l'eau...) Le troisième indique sa
variation d'intensité. La couleur tire alors vers le gris. Pour obtenir cela il faut "salir" la teinte avec sa complémentaire (exemple : pour baisser l'intensité d'un rouge ou d'un rose j'y
ajoute du vert, pour un bleu j'ajoute du orange, etc.) La plupart des gens comprennent sans souci les deux premiers critères, mais le dernier est toujours plus difficile à faire apprècier. Hors
il me semble que l'infini variété des nuances de gris exige de nous une attention accrue aux différences infimes du monde. Elle relève de la "nuance". Soyez sûr d'une chose : aucun gris n'est
"neutre" car il contient toujours en lui une dominante colorée discrète (gris orangé, gris bleu...) Si vous voulez un entrainement pour cette semaine, tentez de découvrir les couleurs cachées
dans le gris... Le gris nous apprend une chose : le véritable neutre, n'est pas neutre. La véritable abstention est en fait engagement, la retenue un lacher-prise, la discrétion est la forme la
plus subtile de présence qui soit.
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