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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 14:45



























Merci. C'est une formule de politesse simple. Ce minimum de civilisation qui me reste alors que j'ai abandonné tout le reste. Probablement chuchoté, ou en tout cas dit sans emphase. En même temps "merci" dans le sens "à la merci de", exposé, ouvert, sans repli, lisse. Adressé à "tu" avant de dormir. "oh mais de rien !". Ou mieux, "avec plaisir mon grand..." 

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 22:19




















L'évidence, si je médite mon dessin, n'est pas le point de départ, mais le point d'arrivée. C'est celui qui lâche toute les béquilles et découvre, surpris, qu'il sait très bien marcher. L'évidence c'est peut-être le mouvement qui va du simple au complexe, de la naissance à la renaissance, c'est le cercle infini qui ne boucle plus. L'évidence pourrait même se passer de la pensée et des mots. Une sorte d'entendement pur.


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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 19:03

















Bon là j'avoue (c'est pas forcément évident) je pensais à Sempé. Il a croqué à merveille le portrait de l'homme commun, de la vanité de la petite chose (l'homme). Souvent il y a ce dispositif simpliste, un peu bourgeois (on dirait "bobo" aujourd'hui) : le sofa, l'abat-jour, l'intérieur coquet, la bibliothèque à l'arrière-plan, la décoration un peu chargé, éventuellement la femme à l'arrière-plan (à la cuisine ?). Pour moi ça fait déjà trop de choses à dessiner... J'aspire au minimum et à l'économie comme on aspire au sommeil, le sourire au lèvres...









 
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 16:19
























Je ne sais pas si c'est le cours sur la nature morte et les vanités que j'ai donné aux beaux-arts en janvier ou bien l'influence du "rire" de Bergson mais la vanité est un thème récurent depuis un mois. Au-delà de l'aspect comique et universel (qui peut se prétendre exempte de cette pente?) j'aime la réflexion qu'elle propose sur les choix cruciaux que l'on peut se poser aux quotidiens. La mort rode toujours dans l'anti-chambre du vaniteux. La grandeur est sûrement la réponse la plus approprié à l'étroitesse de notre anonymat domestique.

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 18:03















 
Certaines encres sèchent mal, ou trop lentement. C'est un problème pour moi qui suis gaucher. Je cours toujours le risque de salir ce que j'ébauche, d'emporter ce que je pose. C'est un problème parce qu'un texte sale ne peut pas être un texte clair, en tout cas pas dans le moment où on le pense et où on l'écrit (ce temps doit être le même il me semble). Le chiffon, le buvard m'accompagne dans ces moments délicats. Je n'ai pas de tampon, un mouchoir convient parfaitement pour moi. Le mouchoir je l'aime bien. En papier car le tissu est trop lourd et puis j'aime bien le jeter, le mouchoir. Ici (quand était-ce déjà ? Hier ou avant-hier ?) il a sobrement inversé la trace. Entre le pli et entre les mots, de travers mais pas n'importe comment. Tout a un sens.






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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 19:26














Bon ok. Ca fait un moment que j'ai rien mis en ligne. Mais j'ai une excuse. Je travaille. Je suis un type assez exclusif. J'ai besoin de faire les choses pleinement. C'est comme pour les bouquins. Je peux pas lire deux bouquins en même temps, j'ai besoin de lire "fin" pour libérer une partie non négligeable de mon attention. Alors bon je dessine comme jamais en ce moment. Cette semaine (qui dira que les fonctionnaires faignasse pendant les vacances) je fais des journées assez intense. Ca me surprend moi-même. Ci-joint une "boulette". Vous la reconnaissez peut-être. C'est celle qu'on retrouve dans son pantalon après la lessive, le petit ticket de métro, le prospectus négligemment oublié au fond des poches et qui vous revient digéré, purifié de toutes ses écritures. Mâché de l'intérieur. Moi j'appelle ça des sculptures de poches, même si celle-ci est le fruit de la machine et pas de la main humaine (mais est-ce que ça change quoique ce soit? Petit objet périphérique, petit masse inutile, petit changement de perspective qui nous permet de voir et de ressentir à partir du rien (presque) 






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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 14:37































C'est une sensation que je fuis, elle me fait horreur, celle de l'eau et de la chaussette. Le contact moite du tissu et de la peau alors qu'on déambule paisiblement dans son intérieur. Grosse erreur de casting en somme... 







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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 13:52





















Pas grand chose en réalité. "Presque-rien" comme dirait Jankelevitch. Un fragment de quelque chose. Petits bouts de papier à deux doigts de disparaître, si petits qu'on pourrait décemment les tenir pour absent. Seul le regard attentif du distrait, du débile, de celui qui n'a pas peur de perdre son temps saura déceler ici l'expression du royaume de l'infime. 



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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 12:23
















Universellement, le gag absolu, c'est le vaniteux. Celui qui, les pieds dans le quotidien (dans la merde ?) continu de porter un regard vers l'horizon. Celui qui parle de lui à la troisième personne, qui ne voit pas la manière dont il est vu. Décalage, mais décalage dont la source nous éclabousse... Potentiellement, tout le monde a des capacités considérables de vanité. Les enfants aussi bien sûr. Sûrement parce que c'est un besoin, une affirmation protectrice, une sorte d'instinct neuronal... Bref, méditer sur l'égo c'est apprendre à rire.




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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 15:31





















Je parlais de l'outil il y a quelques jours. La main me procure le même genre d'admiration. Il m'arrive, si la lumière s'en mêle, d'observer mes mains comme de véritables sculptures. Les miennes ou celle d'un autre. Disons que c'est tout de même les miennes que je connais le mieux. Je les ai depuis un moment, comme qui dirait, "sous les yeux". J'ai parfois l'impression d'en connaître le moindre détail. La taille des ongles, leur forme (chacun en a une spécifique), le dessin de chaque main (elle ne sont, contrairement aux apparences, absolument pas symétriques), les veines, les plis, les lignes et les reflets. La main c'est l'outil absolu, c'est l'outil des outils. Bizarrement, avec elles, je ne me sens jamais seul. Elles sont là, non seulement elles sont moi, mais elles sont avec moi, devant moi, elles font des choses supplémentaires, comme si, au creux du poignet se logeait une seconde conscience, vaguement indépendante, influant mes gestes quand je joue du saxo, que je dessine (ou que je me gratte le nez)



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