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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 09:59

Fou


















A Marrakech il y a encore beaucoup de chevaux battant le pavé, tirant des charrettes chargées jusqu'à la lie. Nous ne sommes pas habitués (occidentaux fragiles et frileux, race malade que nous sommes) à voir ces animaux maltraités en pleine ville. J'ai assisté dans la rue à l'effondrement d'un cheval, harassé de fatigue et de chaleur. Son maître l'a frappé si fort et si longtemps que le cheval, tel un cadavre, s'est relevé et à repris son chemin. J'ai failli pleurer. Peut-être ne suis-je pas encore assez fou pour pouvoir pleurer. J'ai pensé à Nietzsche :

"Nietzsche sort d'un hôtel de Turin. Il aperçoit devant lui un cheval et un cocher qui le frappe à coups de cravache. Nietzsche s'approche du cheval, il lui prend l'encolure entre les bras sous les yeux du cocher et il éclate en sanglots.
Ca se passait en 1889 et Nietzsche s'était déjà éloigné, lui aussi, des hommes."
(Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être)

Dans ce dessin il y a autre chose. D'abord ce n'est pas un cheval mais un âne (eh oui ce ne sont pas des cornes...) Quand j'ai vu cette âne, quand j'ai vu son regard et ses oreilles, j'ai pensé au Christ, au crucifié. Même dans sa résignation cet âne était supérieur. Dans sa manière d'être il était tellement loin de nous. J'ai presque ressenti de la honte...





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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 14:56












Dans la série alimentaire, le miel occupe une place à part. Difficile à proprement parler de dessiner avec. Pourtant c'est définitivement un objet plastique sujet à la contemplation enfantine (personnellement je plongeais la cuillère dans le pot et contemplais le miel liquide tomber en un filet fluide et continu. Pendant une fraction de seconde le miel retombant à la surface du reste du pot laissait une légère trace onctueuse et brillante ouvrant la possibilité d'une sorte d' "écriture"...)

Bien sûr je pense également au peintre Jackson Pollock et à son "dripping". Cela m'amuse beaucoup de pouvoir reproduire des petits chefs-d'oeuvre de l'histoire de l'art avec des moyens totalement dérisoires et périssables. C'est comme cela que je pratique le dessin. Non pas pour informer les générations futures, viser le musée inaltérable et éternel, mais pour saisir quelque chose d'éphémère avec quelque chose d'éphémère... Tout passe (c'est vrai tout passe) L'oeuvre résiste au temps mais elle garde en elle la trace, la cicatrice indélébile de ce passage et de cette fragilité.  






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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 17:36


Magie de l'informatique. En quelques pixels le temps se compresse et me voilà revenu de Marrakech. Pas de résumé, pas de biographie. Une image. Un chameau (meau)



















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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 13:16

















Ce soir décollage. Je pars quinze jours au Maroc. Je sens des étoiles me monter dans le ventre (la frousse de prendre l'avion ? la perspective des tajines à venir ?) Je m'absente donc. J'essaierai de poster quelques images dans un vague cyber-café marocain... Je salut donc ceux qui suivent ce site chroniqueur, et, par la même occasion (puisque ce blog est une sorte de journal) je me salue moi-même en les saluant (?)

Je viens d'acheter un carnet tout neuf, absolument vierge. Les voyages sont comme de belles pages blanches, ce sont des occasions de construire de nouvelles vies.





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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 09:39
















Ce que j'aime dans ce dessin c'est l'aspect physique de la pensée. Compter n'est pas un acte abstrait, purement mental (d'ailleurs ne commence-t-on pas par compter avec ses mains ?) c'est un acte qui engage tout le corps. A vrai dire je ne connais pas d'activité humaine qui puisse faire l'économie du corps. Même les gestes les plus épurés, les plus désincarnés, passe par une conscience du corps. Je me rappelle de mon professeur d'arts plastiques au lycée qui nous disait à propos de nos peintures : "ça manque de pieds" (?) Comme si une peinture pouvait se faire avec les pieds, en rapport avec la terre... Cela signifie aussi que même lorsque c'est la main et l'oeil qui sont en jeu, le pieds n'est jamais très loin, il est relié à lui par le grand réseau nerveux et synaptique. C'est probablement le même genre de pensées qui faisaient dire à Yvonne Rainer (chorégraphe-cinéaste américaine) dans une de ses pièces dansées : "mind is un muscle" 




 
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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 10:21









Je m'amuse à ramener le héros au seuil du commun et du banal mais j'ai pourtant une sincère admiration pour les "héros". Le terme est un peu galvaudé, et je ne l'utilise pas dans son sens classique (le "super-héros", le prophète ou l'élu sans peurs et sans reproches...). Je pense seulement à quelqu'un de courageux qui, à un moment donné ose, plus ou moins seul, ce que personne d'autre n'a osé auparavant. Par exemple Denis Robert (le journaliste qui a enquêté sur les chambres de compensation, Clearstream et compagnie. Attention cette enquête ne doit pas être confondue avec le meli-melo politique qui a suivi sur l'affaire des faux-listings...) Denis Robert est pour moi une sorte de héros moderne. Il s'oppose au mouvement de la pente, il résiste. 

Le héros que je dépeins dans cette image résiste aussi à sa manière. Il prend un risque, il se met en danger. Nous sommes tous potentiellement des héros. Il faut tenter l'ascension, espérer mieux, vouloir mieux, vouloir transgresser la monotone horizontalité de l'ordre des choses...






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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 09:19














On reconnaît la véritable sagesse à la capacité de rire. Celui qui pose sur le monde un grand éclat de rire a trouvé le chemin du salut terrestre...




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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 10:44










Le beurre est une surface sensible, réceptive. Mais aussi fragile... Il a finalement quelque chose d'humain (je crois me rappeler qu'on peut soigner les brûlures avec...) Joseph Beuys est un des rares artistes au vingtième siècle à l'avoir utiliser dans ses oeuvres (j'imagine la difficulté pour le conservateur de musée à maintenir en état une pièce de ce genre...) Le beurre est mou et changeant (du solide au liquide selon la température ambiante), extrêmement salissant et pourtant étrangement "pur". 
Quand j'étais petit, avec la purée de pomme de terre et les miettes de pain c'est probablement l'outil de dessin que j'affectionnait le plus à table...





 
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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 15:38















Les connaisseurs auront sans doute reconnu ici une citation à peine voilée d'une "one minute sculpture" de Erwin Wurm ("hold your breath and think to Spinoza") Une oeuvre réjouissante et ô combien salvatrice dans ce monde passablement sérieux... En bon "Deleuzien" je me devais de faire un détour par Spinoza. J'ai encore un peu de mal à pénétrer de front dans son oeuvre la plus achevée, l'éthique. Mais tout ce que j'ai lu de lui m'a toujours réjoui au plus haut point. C'est probablement son tempérament panthéiste, ce matérialisme tranquille ne faisant pas l'économie du bonheur et de l'infini (mais un infini terrestre, accessible à tout un chacun...) Je crois que ma relation à la nature, malgré mon athéisme convaincu, a toujours était teintée d'une pointe d'absolu. J'y cherche malgré moi un secret, j'y pressent un message (!?), j'y trouve le réconfort de "l'englobant"... 

Pourquoi Spinoza retiendrait-t-il son souffle ? Je n'en sais rien. Peut-être pour mieux sentir les battements de son coeur (mais je l'imagine toujours quelques secondes après toussant de bonheur et reprenant le cours serein de sa respiration) Depuis tout petit je pratique ce petit plaisir apnéique (tu te rappel Camille dans le bain à Bizebarre ? Chacun son tour, un sous l'eau pendant que l'autre compte...) Aujourd'hui encore, retenir mon souffle surpasse pour moi une longue et laborieuse méditation sur la "métaphysique de l'être"...




 
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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 12:42















Ce dessin est une tentative de "rationaliser" le bonheur (j'hésite toujours avec ce mot, "bonheur". Je le trouve un peu suspect... Peut-être que "joie" serait plus approprier pour parler de ce que je ressens en ce moment) Lorsque je suis heureux je tente toujours de mettre en réserve cet excès de sensation positive, d'en mettre de coté pour les jours de disette... Et je crois que ça marche ! On peut stocker une petite partie de ce surplus des jours de chance pour combler le vide de nos humeurs dépressives ultérieures (qui peut se prétendre à l'abri des attaques de notre esprit changeant ?)
 



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