"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux" (La Boétie). Il me semble que cette maxime est impérissable. La vraie question n'est pas de savoir "quand la révolte explosera, à partir de quand la situation deviendra intolérable pour nous ?" Mais bien plutôt "qu'est-ce qui fait que, dès aujourd'hui, nous puissions en supporter autant ?" Le pouvoir de nos chefs, leur royalisme camouflé, leur décisions iniques et leurs caprices de gamins ne s'imposent à nous aussi facilement que parce que nous en sommes complices. Nous sommes aveugles à notre propre condition. Si aujourd'hui nous pouvions voir vraiment la place que nous occupons dans cette machine, si derrière les images et les paroles, derrière le voile de la doxa "humaniste" et des pensées-pansements, au-delà des journalistes mollasses et des politiques cyniques, si derrière tout cela nous pouvions entrapercevoir l'indignité qui règne, je pense que nos gouvernants ne survivraient pas une demi-heure...