Et si les entreprises, elles aussi, avaient une vie sexuelle ? Le bonhomme Michelin, tel un entassement de pneus, véhiculerait une esthétique et une érotique du
caoutchouc. D'ailleurs sa bonne frimousse capuchonnée (est-ce qu'il n'a pas une sorte de préservatif sur la tête ?) est en soi une invitation au voyage... Le caoutchouc est un matériau très
proche de la chair, et donc hautement érotique. Il tend à remplacer le cuir dans l'appareillage fétichiste. Il se gonfle et se dégonfle, est sensible à la respiration (ne dit-on pas des "chambres
à air" ?), passe par différents états (mou, liquide, dur) C'est un matériau qui vit, travaille, se rétracte ou se dilate, s'use et se transforme. Tout un programme.
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Vendredi 13 novembre 2009
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Eloge de la marge.
Godard dit de la marge que, mine de rien, c'est elle qui fait tenir les pages du livre ensemble... La marge n'est pas à mes yeux une simple périphérie, une sorte
d'ornementation secondaire. La marge est un centre. C'est le "milieu" dont parle de Deleuze. C'est de là que tout part.
Au téléphone par exemple, l'oreille accaparée et la main en action. Ou bien en cours, le professeur qui parle et la conscience discrète du dessinateur qui sature la feuille de notes de signes
sans intentions. Ou encore ces herbes folles qui prolifèrent dans les interstices goudronés..
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Fanny a accepté de se se laisser sculpter par mes ballons gonflables. La voilà elle-même regonflée. Qu'est-ce qu'on a ri...
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Hier performance "participative" avec Raphaël à l'espace Croix-Baragnon. Des murs noirs et de la craie blanche. Des dizaines de gens razant les murs une craie à la
main, se chevauchant, se croisant les uns les autres et organisant tant bien que mal cette chorégraphie dessinée. Le moment est à la fois comique et sérieux et le résultat joyeux et inquiétant.
Visuel très convainquant je trouve. Comme des couches succéssives, une histoire en train de se faire, un cri silencieux.
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Je monte ces marches (deux petits étages) au minimum deux fois par jour. Alors malgré moi j'ai pris l'habitude de refaire cette petite performance sonore. J'ai
appelé ça "chaussures musicales". J'ai remarqué ça aussi : la marche est probablmement la source de la rythmie en musique. L'alternance binaire de la jambe gauche et de la jambe droite. Le
souffle et le corps. La danse aussi déjà présente. Un pieds puis l'autre, régulièrement.
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Catégorie "trois fois rien", ou presque. En même temps c'est un peu (beaucoup) pompé sur le travail de Goldworthy. Un artiste par ailleurs que, bien que séduisant,
je n'apprécie pas plus que ça. J'aime bien l'idée de pouvoir refaire certaines oeuvres d'art. Par exemple quand Jeff Koons fait une sculpture en inox de 3 tonnes en forme de ballon gonflable,
nécessairement je suis exclu. C'est beau parce que ça me domine, que ça coute cher, que ça demande du temps, de l'energie et des moyens que de toute façon je n'aurai jamais. Alors que là c'est
accéssible, il faut juste des feuilles mortes (et oui c'est l'automne), "tout le monde peut le faire" comme on dit. Sauf que d'habitude c'est une insulte dans la bouche des gens (genre "même un
enfant de 4 ans etc....") Moi je prends ça pour un compliment. Tout le monde peut le faire ? Formidable ! Pourquoi l'art devrait-il être l'expression de l'excellence et de la maîtrise technique.
Moi je dis comme les minimalistes : "less is more". Le moins c'est le plus. Les moyens ça devrait toujours être un faux problème. La pensée ne coute pas cher, c'est notre grande chance. Les idées
sont comme les champignons, elles fleuriront sur les terrains fertiles.
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Le titre m'est venu tout de suite après avoir éteint la caméra. Piano-chat. J'avais en tête une résonnance musicale lointaine, le "poisson-fa" de bobby Lapointe.
Rien à voir. Ou si peu mais les titres ne s'expliquent pas vraiment. Ils ont du sens parce qu'il ont du sens. Par exemple quand j'ai un projet en cours, que je cherche mes idées, et bien c'est le
titre qui va m'aider. Il n'indique rien (un bon titre c'est comme un prénom qu'on donne à un être vivant, ça n'est pas thématique, littéral, comme ces parents qui appellent leurs enfants
"tomate", "amour"... un bon titre ça indique juste une direction, ça propose un certain rythme, une respiration, une synthèse mais qui ne cherche pas l'exhaustivité). Par exemple j'adore les
titres des films de Godard. "Hélas pour moi", "For ever Mozart", "A bout de souffle"...
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Penser c'est tendu. Ce n'est pas tellement une lutte. Disons plutôt que c'est une force. Une idée par exemple ça n'est pas juste une sorte d'atome spirituel. Un
raisonnement ça n'est pas une équation immobile. Les idées sont des forces, des énergies, des pulsions. Dès le départ elles poussent. Elles tirent. Elles ne connaissent pas la tranquilité. Elles
nous traversent et nous mobilisent. Nous sommes comme des dompteurs, à peine conscient de la puissance de ce qui s'anime en nous. Nous domptons. Mais attention aux coups de griffes.
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